Latifa Alajlan développe, une pratique picturale fondée sur une réflexion autour de la peinture en tant qu’espace autonome. La surface devient alors un lieu de tension entre matière, perception et durée. Basée à New York, l’artiste poursuit ses recherches visuelles, attentive à la fluidité spontanée de son geste de peintre, en conversation avec les motifs géométriques qu’elle dissémine.
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Les œuvres réunies au sein de l’exposition I Breathe and I Dream associent pigments, matières minérales et gestes directs. Le lin et la toile ne sont pas considérés comme de simples supports, mais comme des surfaces actives capables de retenir la trace, de générer de la densité et de ralentir le regard. La peinture engage ainsi une expérience perceptive fondée sur l’attention et la durée.
Aux murs, les tableaux explorent des variations chromatiques évoquant des dynamiques de croissance et de circulation. Des structures géométriques inspirées de vocabulaires architecturaux organisent l’espace pictural, instaurant des cadres de stabilité au sein desquels apparaissent des zones plus diffuses. Cette tension entre organisation et dispersion constitue un principe central du travail de Latifa Alajlan, où l’équilibre reste volontairement instable.
L’artiste construit ses œuvres par strates successives. Ainsi, plutôt que d’imposer une narration explicite, elle laisse le sens émerger progressivement de l’accumulation des gestes, des matières et des traces.
À travers I Breathe and I Dream, Alajlan situe sa pratique au sein d’une réflexion élargie sur l’abstraction contemporaine, envisagée comme un champ de construction et de négociation. L’exposition met en évidence une peinture fondée sur la rigueur formelle et l’attention portée à la perception, où architecture, surface et temporalité demeurent indissociables.
